Débrayage à Saint-Gobain contre les licenciements
Réunies le 22 septembre et après avoir examiné la situation du groupe Saint-Gobain Vitrage, les organisations syndicales CGT et CFDT ont décidé de faire grève, hier, en organisant, sur le plan national, un rassemblement à la Défense à Paris, siège de la compagnie. Et en manifestant aussi localement, comme ce fut le cas à Coutras (Gironde).
Suppression de 6 000 emplois.
Sur le plan local, les syndicalistes CGT de l’entreprise Sivaq qui emploie 150 salariés, se sont mobilisés tout au long de la journée d’hier. Leurs revendications portent principalement sur les salaires et le pouvoir d’achat, le dialogue social, l’emploi et la pénibilité au travail.
Pour Eric Chevrier, délégué syndical de la Sivaq, « l’annonce faite par le groupe Saint-Gobain de supprimer 6 000 emplois dont 4 000 en 2008 alors que les résultats du groupe affichent un bénéfice net de 1, 1 milliard d’euro pour le 1er trimestre démontre que la stratégie financière a pris le pas sur la stratégie industrielle au mépris des salariés ». L’annonce du projet « Symphonie » dont l’objectif est de réduire les coûts en externalisant les services, illustre parfaitement cette dérive financière aux yeux des syndicalistes. La section CGT de l’entreprise avait deux représentants présents à Paris. Par téléphone, ils ont informé Eric Chevrier du contenu des déclarations du PDG du groupe, Pierre-André de Chalendar : confirmation de la suppression des emplois et ouverture de négociations avec chaque directeur de filiales.
Un prochain CEDP (comité d’entreprise, délégués du personnel) concernant la filiale de Coutras doit se réunir le 16 octobre prochain avec le directeur, Jean-Luc Camus.
Sud Ouest, 9 octobre 2008
Grève européenne pour les
salariés de Saint-Gobain et
Placoplâtre
Ils étaient une soixantaine hier à midi devant l'entrée de Saint-Gobain, en grève, mobilisés pour provoquer des négociations avec la direction du groupe. Plusieurs employés du site cognaçais étaient d'ailleurs dans le même temps au siège de leur société, à La Défense à Paris, pour rencontrer la direction.A Cognac il y avait outre les personnels du site de production de bouteilles de Saint-Gobain Emballage, des représentants de Placoplâtre, eux aussi en grève, leur entreprise appartenant également au groupe Saint-Gobain, branche construction, depuis son rachat en décembre 2005. Ce mouvement auquel participaient les salariés cognaçais de Saint-Gobain concernait en effet l'ensemble des usines du groupe en Europe où il a été particulièrement suivi, avec en Espagne, une manifestation à Madrid.
Au siège du groupe, à La Défense, il y avait outre les représentants du personnel français, ceux d'Allemagne, de Belgique, d'Italie et d'Espagne. «Nous étions 500 environ» témoigne Dominique Spinali, délégué syndical CGT de Saint-Gobain Cognac.
«Appliquer une politique industrielle»
Sur place les revendications sont claires. «Appliquer une politique industrielle et non une politique financière d'augmentation des dividendes, et mettre celle-ci au service de l'emploi; valoriser notre pouvoir d'achat; prendre en compte la pénibilité de certains postes; respecter l'engagement pris sur le dialogue social» énumèrent les représentants du personnel. «Et puis il y a des engagements par site non respectés, comme la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, qui prévoit 362 emplois sur Cognac alors que nous sommes que 349, par exemple».
A Placoplâtre les revendications sont quasiment identiques. «Rattrapage du pouvoir d'achat, révision des grilles de salaires, mise en place et respect de la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences» précise Didier Faganas, délégué CGT. Sur le site de Cherves-Richemont, avec 30% de grévistes sur 155 salariés, (10% selon la direction), la production a été arrêtée toutes les deux heures, donc fortement ralentie sur l'ensemble de la journée. Mais sur ce site l'inquiétude s'ajoute aux revendications. «Quand Saint-Gobain nous a rachetés en 2005, il demandait 300 millions d'euros d'économies. A son arrivée dans le groupe, Wendel en exige de notre part un milliard. La construction va mal et les commandes ralentissent, alors que dans le même temps une usine flambant neuve a été construite à Vaujours en région parisienne. Elle ne pourra pas tourner à plein rendement sans nous prendre des marchés. On sait déjà qu'en janvier nous allons baisser de régime et perdre une équipe, soit neuf personnes. Nous sommes dans le flou pour l'avenir. Enfin un regroupement se prépare avec Isover (isolation NDLR) ce qui va entraîner des regroupements de services». Pour la direction le site de Cherves est un «point d'ajustement» et ne devrait pas être perturbé par l'ouverture de Vaujours, et l'espoir de tourner à plein régime dépend surtout de la reprise du marché de la construction.
«Aujourd'hui c'est la finance qui prime»
C'est l'annonce en juillet dernier de la suppression de 6.000 postes, dont 4.000 cette année, sur l'ensemble du groupe qui a mis le feu aux poudres. «Le comité de groupe avait des inquiétudes à l'arrivée de Wendel à Saint-Gobain en mars 2008, et qui possède aujourd'hui 21,3% des actions. Elles se confirment, assurent les représentants syndicaux cognaçais. Or ces suppressions de postes sont injustifiées au regard du résultat net de Saint-Gobain en 2007, 1,1 milliard d'euros, avec une marge d'exploitation passant de 11 à 13% et un dividende d'action augmentant de 50,7% entre 2005 et 2007. Quant à Wendel il annonce un résultat à plus 31%. Les licenciements ne sont pas justifiés, même s'il y a un ralentissement dans le secteur construction. C'est seulement pour garantir les dividendes aux actionnaires». A Saint-Gobain Cognac on rappelle que l'ancien PD-G, Jean-Louis Beffa, misait sur un véritable groupe industriel. «Aujourd'hui c'est la finance qui prime. Saint-Gobain Emballage, branche à laquelle appartient Cognac, est en vente depuis dix-huit mois. C'est paradoxal car la bouteille c'est probablement ce qui marche le mieux, contrairement à la contruction et à l'automobile».
Lors des négociations menées à Paris, conduites pour la direction par Dominique Azam, directeur des affaires sociales en l'absence du PD-G Pierre-André de Chalendart, seule la valorisation du pouvoir d'achat a fait l'objet d'un début de réponse. «Ce sera traité branche par branche dans le trimestre» rapporte Gabriel Mirandat, secrétaire du comité de groupe France. Nous, nous voulons le plus rapidement possible. Quant à la pénibilité ils attendent (la direction NDLR) les propositions du gouvernement. Pour nous Saint-Gobain doit être moteur dans ces propositions et nous sommes prêts à les accompagner».
Jean-Pierre COFFIN
Charente Libre
Débrayages dans le groupe Saint-Gobain
Des débrayages à l'entreprise Lapeyre, à Epernay, notamment.
A l'appel de la CGT une journée d'action a été organisée hier dans
le groupe Saint-Gobain et ses filiales. Si un grand rassemblement s'est tenu au siège de la société, à Paris, des débrayages ont eu lieu localement dans plusieurs entreprises appartenant au
groupe. A Epernay, 80 % des 290 salariés du site de production de la menuiserie Lapeyre, qui connaît une forte activité de production actuellement, ont cessé le travail durant 4 heures. Et des
débrayages ont été suivis à 60 % à la menuiserie Cordier, à Magenta, qui emploie 240 personnes. La verrerie Saint-Gobain, à Oiry, a également été touchée par le mouvement. « Nous voulons une
revalorisation des salaires, une amélioration du dialogue social et des actions pour réduire la pénibilité du travail », a commenté hier matin Bernard Lefèvre, délégué syndical CGT de
Lapeyre.
Ce dernier précise cependant qu'il n'y a pas de menaces sur l'emploi à Epernay. « Nous demandons une meilleure gestion prévisionnelle du travail chez Lapeyre, à Epernay, qui compte en plus 80
intérimaires », souligne le responsable syndical. L'entreprise Cordier, selon Bernard Lefèvre, serait confrontée à une légère baisse de production des escaliers. Enfin l'entreprise Poreaux, à
Châlons-en-Champagne, a participé également au mouvement. 70 % des 250 salariés ont débrayé.
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